Comment structurer un mémoire
Qu'il s'agisse d'un mémoire de licence, de master ou d'une thèse selon l'établissement, on passe souvent les premiers jours à peaufiner un plan parfait, et les mois suivants à découvrir qu'il ne tient plus. Ce n'est pas une erreur de planification : c'est presque inévitable, car au début on connaît encore trop peu le sujet pour fixer une structure définitive. Le problème n'est pas d'avoir un plan qui change, c'est de ne pas savoir le gérer pendant qu'il change.
Un plan provisoire n'est pas une promesse
Beaucoup se bloquent avant même de commencer parce qu'ils traitent le premier plan comme un contrat : si je le change, c'est que je me suis trompé quelque part. C'est l'inverse : un plan écrit en un après-midi, avec des chapitres esquissés en une ligne chacun, sert seulement à donner un ordre de départ à un travail que l'on connaît encore mal à ce stade. Le moment où on le réécrit, souvent plus d'une fois, quand la recherche prend une tournure différente de celle imaginée, n'est pas un échec de planification : c'est le signe que l'on travaille vraiment sur le contenu, pas seulement sur la forme.
Le vrai risque n'est pas de changer de plan, c'est de ne jamais en fixer un assez tôt pour pouvoir commencer à écrire quelque chose.
Le squelette courant, et pourquoi ce n'est pas une loi
La plupart des mémoires, surtout ceux qui comportent une composante expérimentale ou empirique, s'appuient sur un squelette reconnaissable : introduction, revue de la littérature ou état de l'art, méthodologie, résultats ou analyse, discussion, conclusion. Le connaître aide, car cela retire une décision de la table : pas besoin d'inventer un ordre à partir de rien.
Mais c'est un squelette, pas une loi. Un mémoire à visée théorique ou critique, courant dans de nombreuses disciplines des sciences humaines, n'a souvent pas de chapitre "résultats" séparé de la "discussion" : l'argumentation se construit chapitre après chapitre, et il est normal que la structure ressemble davantage à un long essai qu'à un rapport expérimental. Lequel des deux schémas s'applique à votre travail dépend de la discipline et souvent des habitudes de votre directeur ou directrice de mémoire, plus que d'une règle écrite quelque part : cela vaut la peine de le demander explicitement, plutôt que de reprendre sans vérifier le schéma vu dans le dernier mémoire lu.
L'équilibre entre les chapitres compte plus que la longueur totale
Qui se concentre uniquement sur le nombre de pages finit souvent avec un premier chapitre interminable, parce que c'est celui écrit avec le plus de temps et le moins d'anxiété, et un dernier chapitre esquissé dans les deux dernières semaines. Le résultat se voit au premier coup d'œil, même pour qui ne connaît pas le sujet : un mémoire déséquilibré signale, avant même d'être lu, que les dernières étapes du travail ont été bâclées.
Il n'existe pas de proportion universelle valable pour toutes les filières : le poids de chaque partie dépend du règlement de votre établissement et souvent des indications directes de votre directeur ou directrice, alors évitez de courir après des pourcentages trouvés en ligne. Ce que vous pouvez contrôler, c'est repérer le déséquilibre à temps : si un chapitre approche le double des autres, c'est le moment de se demander s'il contient de la matière qui appartient ailleurs, pas de continuer à écrire par-dessus.
Vous n'êtes pas obligé d'écrire les chapitres dans l'ordre où ils seront lus
L'introduction est le chapitre lu en premier et presque toujours celui qu'il vaut mieux écrire en dernier, ou du moins réécrire en dernier : c'est le moment où vous déclarez ce que le travail démontre, et vous ne le savez qu'en partie avant d'avoir écrit le reste. C'est souvent aussi vrai du chapitre de méthodologie, que beaucoup trouvent plus facile à aborder en premier justement parce qu'il demande moins d'interprétation : c'est la partie la plus proche d'un compte rendu de ce que vous avez fait que d'une argumentation à construire.
Écrire dans le désordre n'est pas une mauvaise façon de procéder : c'est presque toujours la plus réaliste. L'important est que le plan garde la trace de là où vous en êtes, chapitre par chapitre, pour que l'ordre de rédaction reste votre choix et ne finisse pas par se confondre avec l'ordre final du travail.
Le chapitre fourre-tout : quand un élément ne trouve sa place nulle part
Presque tout mémoire long finit par accumuler de la matière qui ne s'intègre bien dans aucun chapitre : une digression théorique intéressante mais annexe, une comparaison avec un cas qui ne correspond pas pleinement à la méthode choisie, des données recueillies mais finalement pas centrales pour la question de recherche. Essayer de la caser quand même dans le chapitre le plus proche est presque toujours ce qui rend ce chapitre lourd et peu net.
La bonne question n'est pas "où est-ce que je mets ça", mais "est-ce que ça sert vraiment l'argumentation que je construis". Si la réponse est oui mais pas à l'endroit attendu, cela trouve souvent sa place en annexe, où cela n'alourdit pas le fil principal tout en restant accessible à qui veut approfondir.
Garder les chapitres cohérents pendant que la structure change
Avec un plan réécrit plusieurs fois et des chapitres travaillés dans le désordre, le problème pratique devient de garder l'ensemble cohérent : des chapitres dans des fichiers différents, des versions qui se chevauchent, l'impression de ne plus savoir laquelle est la dernière bonne version. C'est pour cela qu'il vaut la peine de travailler dans un outil qui garde la structure et le texte au même endroit : c'est ce que fait NovLore pour qui écrit une œuvre longue, roman ou mémoire, avec des chapitres réorganisables sans perdre le texte, et un historique des versions pour revenir en arrière si une réécriture s'avère être une erreur.
Questions fréquentes
Le plan doit-il être validé par le directeur ou la directrice avant de commencer à écrire ?
Cela dépend de l'établissement et souvent des habitudes de chaque directeur ou directrice : certains l'exigent sous forme de brouillon formel avant de donner leur feu vert, d'autres se contentent d'une conversation informelle. Il n'existe pas de règle valable partout : vérifiez-le directement avec votre directeur ou directrice, ou avec le règlement de votre établissement, plutôt que de le supposer.
Combien de pages doit avoir chaque chapitre ?
Il n'existe pas de nombre valable pour toutes les filières ou disciplines : cela dépend des consignes de votre établissement et du type de mémoire. Un signal plus utile que n'importe quel chiffre est l'équilibre interne de votre propre travail : si un chapitre est bien plus long que les autres sans raison liée à son contenu, c'est celui-là qu'il faut revoir.
Est-il normal de changer de sujet ou d'angle en cours de rédaction ?
Cela arrive plus souvent qu'on ne le pense, surtout quand la recherche fait émerger quelque chose que le plan initial ne prévoyait pas. Ce n'est pas un problème en soi ; le problème, c'est de ne pas mettre à jour la structure en conséquence, et de continuer à écrire selon un plan que le travail a déjà dépassé.